13 juin 2008
La petite ménagerie
Cet après-midi-là, j’avais décidé de profiter du beau temps pour m’attaquer à la forêt vierge au fond du jardin. Alors que je coupais, cisaillais, arrachais à cœur joie, des bruissements se firent entendre ; je m’immobilisai : de l’autre côté de la clôture, un lapin me fixait. Pas n’importe quel lapin, non : le plus adorable des lapins nains, entrevu cet hiver dans le salon des voisins… Vite, vite, j’allai chercher Aristide :
(A.) : Pin-pin ? A-pin !
(Moi) : Oui, c’est un lapin. Tu peux lui dire bonjour,
si tu veux !
(A.) : Coucou, Apin ! Btbtbtbtbt (<- parfaite
imitation du lapin)
(Le lapin, subjugué) : Btbtbtbt
(A.) : Btbtbtbt
A ces mots, le charmant animal ne se tint plus de joie : il passa, non sans peine, les oreilles, la tête, les épaules par un trou du grillage (huit centimètres tout au plus…), puis se retrouva chez nous. Nos deux amis eurent un mouvement de recul, puis Aristide reprit du poil de la bête :
« Lapin, t’as peur ? Cours, cours ! ». Notre ami aux longues oreilles décida finalement qu’un tel interlocuteur ne pouvait être foncièrement mauvais et qu’un câlin s’imposait…
Parfois, c’est dur d’être une grande personne. J’aurais bien adopté Arlequin, moi aussi, mais il faut parfois être raisonnable… et penser à ses « vrais » propriétaires. Par chance, et pour le plus grand bonheur d’Aristide, Arlequin a une famille charmante et compréhensive : un treillage fin, mais discret, permet à nos deux amis de se faire la conversation en toute sérénité, ce qui amuse beaucoup les voisins (quatre ados au compteur)…
Et puis, voici Mlle Gnée, sur sa « toiledegnée » (sic !) :
Nous lui faisons également la conversation trois fois par jour, et je sens que ce serait un drame si cette demoiselle allait tisser sa toile ailleurs…
Bref, j’ai désormais deux contraintes lors de mes séances de
jardinage :
- ne pas boucher la vue sur l’enclos du lapin ;
- ne pas déranger les araignées.
Qui a dit que les petits Parisiens ne connaissaient rien aux animaux ?









